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Libération
Critique

Les infâmes et les enfants.

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Jean-Yves Cendrey s'est démené pour qu'il soit mis fin aux activités pédophiles d'un instituteur de son village. Dans «les Jouets vivants» il revisite toute l'histoire à la lumière de sa propre enfance.

Publié le 25/08/2005 à 3h25

Jean-Yves Cendrey aura 48 ans le mois prochain, il est écrivain. Professionnel. C'est-à-dire qu'il connaît le métier et vit de son écriture (même si, page 59, il dénie que ce soit un métier mais «une manie flatteuse»). Avec Marie NDiaye, il forme un couple d'écrivains, ils ont trois enfants et la famille vit de leurs écritures. Jusqu'ici personne n'est venu leur demander si ce qu'ils écrivent est vrai, ou faux, autobiographique ou non, on les lisait pour avoir commerce avec la littérature et c'était bien. Il arriva qu'un jour de 1994, Jean-Yves Cendrey publia une manière de pamphlet, Oublier Berlin (POL) pour dire à quel point ils furent mal reçus à Berlin où ils venaient de passer six mois. Et plus récemment, par fraternité avec un jeune éditeur, Cendrey confia à L'Arbre vengeur un texte écrit pour une occasion passée, Conférence alimentaire, préfacé par Marie NDiaye, pour dire son enfance brisée par un père soudard et que l'on retrouvera ici même. Sinon, bon an mal an, les Cendrey, ou les NDiaye, comme on veut, nous donnent un roman de l'une ou l'autre de leurs mains, poursuivant chacun une oeuvre personnelle, autonome, qui n'empiète pas sur le champ de l'autre et n'ont de commun que le respect et la confiance qu'elles se portent. La question ne se pose pas de comparer le plus grand succès de l'une au mérite de l'autre, et celle du vrai et du faux passe à travers leurs miroirs sans s'y blesser, au point que Marie NDiaye fit paraître au début de l'année une autobiographie i

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