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Libération
Critique

Tous les Cook sont permis.

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Un cauchemar politique et existentiel du plus français des auteurs de polars britanniques, qui vécut sous un béret et mourut en Aveyron.

Publié le 20/10/2005 à 4h09

Il y a deux Robin Cook dans la littérature policière : un Américain, encore vivant, et un sujet rebelle de Sa Gracieuse Majesté britannique mort en 1994. Le premier est un spécialiste du thriller médical formaté ; l'Anglais a signé pendant les années 70 et 80 quelques-uns des titres les plus originaux du roman noir. Dont Quelque chose de pourri dans le royaume d'Angleterre (1970). Nous sommes ici au-delà du polar classique, dans un cauchemar politique et existentiel. Quand le roman commence, Richard Watt, le personnage principal et narrateur, a quitté l'Angleterre depuis une demi-douzaine d'années. Au début des années 60, journaliste, il s'est opposé avec force à un député travailliste aux ambitions sans limites et aux scrupules minuscules, un dénommé Jobling. Lequel, devenu Premier ministre après des élections démocratiques, les dernières qu'a connues l'Angleterre, a réduit la démocratie à rien du tout. Watt est alors devenu un proscrit.

Il a abandonné ses collègues domestiqués, ses faux amis et il est parti avec Magda, sa compagne, en Italie, en Toscane, bien des années avant que cette région ne devienne le refuge de la jet-set. Il a investi ses économies dans une grande vigne et quelques oliviers, les a cultivés avec difficulté et s'est rebâti une vie comme agriculteur. Il s'est intégré dans son nouvel environnement, a copiné avec des types sympathiques du village, recueilli les confidences de certains sur le passé, des anecdotes terribles sur l'époque du fascisme et la fa

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