Page 524, il ne reste plus qu'une page à lire, avant les annexes et quinze pages blanches où se reposer, le temps de multiplier par 34 les cahiers de 16 pages, page 524 donc, le livre commence par ces mots : «Le pape est très convenable dans Mozart, et Ingrid et lui jouent parfois autre chose ensemble. Un pape, Mozart, une violiste, que vouloir de plus ? Assis dans un coin, M.N., pensif, les écoute. On se croirait, au début du 21e siècle, dans un roman de Sollers.» C'était donc ça, cette puce dans l'oreille, du Sollers, depuis le début on se doutait de quelque chose, cette ironie, ce bagout, ce goût, cette évidence à ne pas se payer de mots mais de les délivrer comme de l'or, cette vraie modestie qui nous épargne la fausse, cette manie et ce talent de citer l'autre pour ne pas fatiguer de soi, de se contenter de peu parce qu'on ne résiste pas à un mauvais bon mot («Le philosophe (...) garde son Kant à soi», page 125), et exiger beaucoup parce qu'on en a les moyens, exiger des lecteurs, exiger beaucoup de ses lecteurs : «L'ennui est une ivresse. Je ne comprends pas sa mauvaise réputation», page 225. Du vrai, du bon Sollers.
Et puis tout à trac, au bas de la page ultime, cet envoi qui dément la précédente coquetterie : «Paris, le 30 septembre 118.» Nous ne sommes donc pas au début du 21e siècle, mais bel et bien dans la première moitié d'un deuxième. Ce qui comptait dans la première citation, ce n'est ni le pape allemand, ni Mozart, ni Sollers, mais ces deux majuscules fondatri




