Ecoutez cette blague : trois bûcherons islandais (histoire probablement apocryphe tant cette profession est rare dans un pays presque totalement dépourvu de forêt) profitent d'une minute de pause pour boire des bières. Un passant les interpelle : «Hé ! les trois là-bas, vous feriez mieux d'abattre des arbres au lieu de boire des bières.» A ce moment, le conteur se doit d'éclater de rire en précisant, navré pour le bide : «Oui, je sais, en français ça ne donne rien, mais en islandais c'est irrésistible.»
On ne cesse de penser à cette histoire lamentable en lisant le recueil en français, Les contes de Grim», de l'oeuvre bandessinée d'Hallgrímur Helgason (il est également l'auteur de trois romans, 101 Reykjavik, l'Auteur islandais et Mr Universe), lorsque, par exemple, Grim rencontre en trois cases un homme en pull rouge. Tentons l'expérience : «Et toi, vous êtes nombreux dans ta famille ?» demande l'homme, Grim : «Non. Je suis le dernier de notre espèce. Les autres ont été anéantis», l'homme : «Ah bon ? pourquoi ?», Grim : «Les dents sont tellement recherchées.» Et maintenant en islandais :
En pù àtt pù stóra fjölskyldu ?
Nei, ég er sà sidasti, pad er buid ad ùtrrÿma stofninum...
Nù ? ùtaf hverju ?
Tennurnar eru svo eftirsóttar.
Bien forcé de reconnaître que ça vous a une autre gueule. Grim aussi a une autre gueule, il ressemble comme un frère (rien à voir avec les frères Grimm) à l'auteur auquel il a pris une syllabe pour se faire un nom. Il lui ressemble, n'étaient ce nez




