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Libération
Critique

Quand l'amer monte.

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Les douleurs de l'âge ingrat sur fond de drame maritime.

Publié le 26/01/2006 à 20h10

Lucille habite avec sa mère une petite maison au fond des bois. 16 ans et déjà pas mal de soucis: ce corps qu'elle déteste, les garçons qui ne la regardent pas, la solitude, et la nourriture qui lui sort des yeux. Lucille se laisse maigrir comme pour disparaître, devenir imperceptible, emportée par une bourrasque de vent au-dessus des falaises voisines qui surplombent l'océan. Sur la mer, il y a Arthur, 17 ans. Il pense dialoguer avec le diable. Du moins, le fait-il croire à ses amis qui flippent devant ses fausses divinations. Son père, Vladimir, est marin. Il boit beaucoup. Quand il est rond comme une barrique, Arthur part le chercher au bar. Un jour, le garçon l'accompagne sur le chalutier. La tempête se lève, Vlad et le bosco tombent à l'eau. Arthur sauve son père, mais René se noie. Désespéré, Vlad se suicide et son corps se balance sous un chêne. Au même moment, Lucille entre à l'hôpital. Les médecins disent qu'elle est trop maigre.

Le dernier récit imaginé par Ludovic Debeurme fait cinq cents pages. Après Céphalus et Ludologie (éditions Cornélius), le dessinateur livre une somme écrite comme un journal intime. Souvent, c'est Lucille qui parle: elle confie ses douleurs, pense que sa mère ne la comprend pas, critique ses copines de classe, Corinne, «cette pute» qui passe son temps à allumer Rémi. En revanche, Debeurme prend ses distances avec Arthur. Le jeune homme est moins introspectif. Il aime l'action, avec sa coupe de skin et ses mains dans les poches. Une fois les

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