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Libération
Critique

Truman le magnifique.

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Un inédit retrouvé de Truman Capote, et le film qui sort la semaine prochaine.

Publié le 02/03/2006 à 20h30

Un peu snobé par les Golden Globes, Capote aura au moins eu un effet terrifique pour Random House et les ayants droit de l'écrivain. Tous ses livres sont sortis à la bibliothèque municipale. Ses romans, recueils de nouvelles et biographie, tous fraîchement réédités, ont réapparu sur les listes de best-sellers livres de poche. Et, en novembre, Random House a publié le présumé perdu ou détruit Summer Crossing, que Capote a écrit en 1949 alors qu'il séjournait à Ischia. Il avait choisi, après les Domaines hantés, de changer de registre et d'écrire un livre sophistiqué sur sa ville d'adoption, New York. Au bout d'un an de labeur, il mettra ce roman de côté pour écrire la Harpe d'herbe lors d'une année industrieuse à Taormina. De Fontana Vecchia, la villa qu'il habite avec Jack Dumphy, il écrit à un ami, Leo Lerman, le 26 juillet 1950 : «J'ai commencé un livre qui, j'aurais dû m'en douter depuis le début, était le seul possible pour moi ­ parce qu'il n'appartient qu'à moi.»

Capote avait une clairvoyance presque effrayante pour tout ce qui touchait à sa carrière, surtout pour quelqu'un de 26 ans : il n'y a dans Crossing aucun personnage aussi inoubliable que Jesus Fever, Missouri ou Cousin Randolph (qui hantaient Skully's Landing dans son premier roman), ou que Judge Charlie Cool, Miss Dolly et les autres mutinés réfugiés dans la maison dans l'arbre de la Harpe d'herbe. Par contraste, Summer Crossing paraissait à Capote «juste bien écrit, avec beaucoup de style, mais pas excitant».

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