On a mis quelque temps à comprendre que la radio était un progrès par rapport à la télévision, puisqu'on avait réussi à supprimer l'image. Pourra-t-on dire de Claude Ponti qui enivre notre belle jeunesse d'albums superbement illustrés depuis des lustres, d'une fantaisie et d'une poésie sans la moindre mièvrerie, qu'il vient de franchir une nouvelle étape déterminante en nous privant de ses dessins? Ce Monde, et inversement n'est pas le premier roman de Ponti, certes, deux autres ont précédé qui, sous couvert de fiction, ont dit les enfances d'Hercule (les Pieds bleus, L'Olivier, 1995) et de Victor (Est-ce qu'hier n'est pas fini ?, L'Olivier, 1999) qui ressemblent un peu à celle du petit Claude Ponti, né le 22 novembre 1948 à Lunéville, entre lune et ville. Mais le Monde, et inversement est le premier texte sans dessin où Ponti offre à des lecteurs adultes l'univers féerique et surréaliste des ses albums, avec ce pas de côté incessant qui brise chaque effet de réel à peine installé pour le sublimer dans la logique du rêve.
Le Monde, et inversement est un roman de proximité, il commence dans le quartier Saint-Paul où vit l'auteur, premières phrases : «Le jour où Edgar mourut, personne ne s'en aperçut. Seule Mlle Clapeau le vit s'effondrer à la sortie de la station de métro Saint-Paul. Comme il ressuscita aussitôt, elle ne se rendit compte de rien.» Résurrection mon cul, aurait dit Zazie, puisque les livres pour adultes se reconnaissent à leurs gros mots et qu'on s'y encule un p




