Fermer parfois le livre et se plonger dans un atlas. Quels pays mystérieux sa cavale lui a-t-elle donc fait traverser ? Quelle est cette île caractérisée par 1) un sanctuaire. 2) Un saint célébré par des pèlerins. 3) Un restaurant kurde. 4) On y mange des lentilles et de la chèvre. 5) On y parle arabe. Et ce vieux rafiot, où l'a-t-il débarqué après avoir navigué sur une mer dangereuse «où se croisent deux moussons» et où nagent des dauphins ? Quel est ce lieu à la fois «proche de l'axe du mal» et réputé pour être «une des routes de la came» ? Et cette ville «légendaire», qui a subi l'occupation soviétique et où l'on trouve du qat, des danseuses arabes et des nuées de touristes ? Un pays, où cet été 2004, Cesare Battisti ouvre un journal italien et y voit son visage affiché à la une.
Il y lit son histoire. Recherché par l'Italie, ayant fui la France où il vivait depuis quatorze ans, mi-concierge mi-écrivain, avec femme et enfants. De là où il est maintenant et ça a l'air très très loin Battisti a envoyé en France Ma cavale. Son treizième livre, après les polars qu'on lui connaissait, toujours un peu autobiographiques. Celui-là l'est aussi et, cependant, forcément différent. «Unique moyen de tenir le coup», nous dit l'auteur en fuite. Ecrire et raconter. Le 17 août 2004, à Paris, il a les flics français sur les talons, la justice française a donné le feu vert à son extradition. Plus qu'une question de semaines, de mois peut-être. Et, au bout, la prison à vie pour quatre meu




