C'est Courbet, c'est la Commune, c'est de l'énergie pure, de la langue qui court les rues, des couleurs, du monde, de l'espérance et des morts, de grands héros et de petites lâchetés, c'est Dupeyron, le cinéaste, Dupeyron, l'écrivain, ce n'est pas du cinéma, mais les outils sont là, flash-back et travelling urbain, et puis non, la caméra sur l'épaule, dans la foule de Paris qui se lève, dans l'intimité de Gustave Courbet entre jouissance et vieillissement, entre colère et solitude, entre alcool et absinthe, entre génie et tremblement. Mais, pour le Grand Soir, tu repasseras, c'est pas demain la veille, les lendemains déchantent après que les Versaillais leur auront rentré dans la gorge, aux Fédérés, leurs chants communards. Et Courbet sur le flanc, Gustave Courbet, membre du Comité de salut public, le compagnon de Proudhon, l'ami de Vallès, Courbet embastillé, condamné à trop peu pour en faire un martyr, assez pour devoir fuir, on lui reproche d'avoir poussé le peuple de Paris à abattre la colonne Vendôme. On le poursuivra jusqu'en Suisse pour qu'il en rembourse la nouvelle érection. Des francs-or.
On en est là, au début, puisque le film commence par sa fin. Courbet est à Genève, il est vieux et proscrit, ivre et malheureux, aussi large que haut, il marche à l'aide d'une canne, dans un bordel de la ville basse, il veut choisir une fille, et puis c'est Jo, Courbet devient fou, Jo, sa Jo, son amante, celle qui l'a quitté dix-douze ans plus tôt, lui laissant en cadeau son




