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Libération
Interview

La partition d'Hilberg

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Nouvelle édition, augmentée et définitive, de «la Destruction des juifs d'Europe». Rencontre .

Publié le 05/10/2006 à 23h33

Quarante-cinq ans après la première publication aux Etats-Unis, paraît en France l'édition «définitive» de la Destruction des juifs d'Europe, 2400 pages d'un travail fondateur, à la fois indépassé et toujours renouvelé, de l'historien Raul Hilberg. Le livre est divisé en trois volumes, dont le deuxième est tout entier occupé par les 990 pages du chapitre VIII, «Déportation». Les autres chapitres ont pour sujet la définition des victimes, l'expropriation, la concentration, les opérations mobiles de tuerie, les centres de mises à mort, les conséquences, les implications.

Né en 1926 dans une famille juive de Vienne, Raul Hilberg a émigré avec ses parents aux Etats-Unis à l'âge de 13 ans. Il en avait 19 quand il est revenu en Europe. Engagé dans l'armée américaine, il s'est un jour retrouvé, au siège du Parti national-socialiste, à ouvrir des caisses qui contenaient la bibliothèque personnelle de Hitler. Une anecdote qu'il raconte comme en passant mais aussi comme un signe du destin. C'est à peine trois ans plus tard qu'il se lance, pour ne plus jamais en sortir, dans ce qui était son sujet de thèse et qui devait devenir la seule obsession de sa vie. Nommé ensuite professeur à la toute petite université de Burlington, Vermont, il n'a jamais voulu en bouger, même quand la reconnaissance est venue et que les plus grandes universités lui ont, tardivement, fait un pont d'or.

Depuis 1948, Hilberg n'a donc cessé de travailler sur son sujet, qu'il avait divisé en trois étapes: la

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