OEuvre des théoriciens de l'Ecole de Francfort (Kracauer, Adorno ou Horkheimer), les premiers travaux sur la culture de masse contribuèrent à dater de l'entre-deux-guerres l'avènement de ce nouvel âge culturel, faisant ainsi coïncider sa naissance avec celle des totalitarismes et avec le triomphe des industries culturelles américaines. Littéraires et historiens, qui ont investi ce chantier depuis une quinzaine d'années, en sont peu à peu venus à une lecture moins crispée. Déplaçant le centre de gravité du Nouveau à l'Ancien Monde, principalement Londres et Paris, ils ont davantage insisté sur les grandes mutations qui affectent la production culturelle dans le cours du XIXe siècle. Dès les années 1860, où un vaste public populaire, mieux alphabétisé, prend l'habitude d'acheter un quotidien ou de fréquenter un music-hall. Ou dès les années 1830, où la presse et la photographie inaugurent un régime de figuration fondé sur la médiation, la représentation du réel et la reproduction industrialisée d'une culture explicitement pensée comme une marchandise, aux sources d'un tenace discours sur «la défaite de la pensée». Fruit d'un colloque organisé à Lausanne en 2004, ce livre collectif revient sur l'ensemble de ces aspects, qu'il analyse sur une large échelle géographique et chronologique. Il est dommage, cependant, qu'en dépit de son titre, il escamote la discussion sur les concepts convoqués : culture «de masse», qui suppose l'existence d'un vaste public effectivement disp
Critique
Précis de révolutions culturelles
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Publié le 09/11/2006 à 0h00
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