Jeune Américain d'origine asiatique, à la fois journaliste musical et producteur de rap, Jeff Chang débute son histoire de la génération hip-hop par ce postulat : «Les générations sont des fictions.» Celle du hip-hop est devenue une réalité. Il suffit de prendre le métro à Paris ou à Marseille et de jeter un oeil par la vitre quand la rame s'engouffre dans les tunnels pour apercevoir ses calligraphies, les graffitis, qui n'expriment rien d'autre pour leurs auteurs qu'«qu'un combat pour lutter contre l'invisibilité». Ou bien de regarder sur les quais les réclames pour ces téléphones portables proposant la star du rap français en écoute, de scruter la dégaine des adolescents pour constater, presque trente ans après la commercialisation du premier disque rap (Rapper's Delight, 1979), que la culture hip-hop a influencé les sociétés occidentales en profondeur. Jeff Chang raconte la genèse de cette génération, née dans le Bronx à New York, avec passion mais aussi distance, minutieusement mais avec assez de fluidité et d'ouverture pour que cette histoire n'intéresse pas, pour une fois, que les initiés.
Comme le rappelle Jeff Chang : «Il est sans doute difficile à imaginer de nos jours : mais au milieu des années 70, la plus grande partie juvénile qui s'est fait connaître sous le nom de hip-hop, était concentrée dans un minuscule cercle de onze kilomètres de diamètre.» Ce que propose Chang, à l'heure où ses acteurs principaux (Jay-Z, P. Diddy, Eminem...) s




