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Libération
Critique

Le vengeur démasqué

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Sans rancune pour son héros, Xabi Molia réussit le passage du millénaire.

Publié le 22/02/2007 à 6h14

Même si cette Reprise des hostilités est déjà le quatrième livre de Xabi Molia, même si on avait apprécié les précédents, on n'en revient pas qu'un jeune homme d'à peine trente ans ait écrit un texte aussi dense, traversé d'autant de fulgurances, de récits croisés, où même la mort ne vient pas à bout des protagonistes, où le passage entre deux siècles, deux millénaires, brasille comme la collusion, la collision entre deux mondes, où la vengeance affichée ne parvient pas à être le moteur de toute chose, où la patience est une lâcheté, on n'en revient pas et l'on se surprend à penser que ce jeune homme s'est fait aider. Pris par le texte, on oublie vite cette pensée ironique et injuste, jusqu'à la page 352, coincée entre la fin de l'histoire et la litanie des remerciements («Merci à Raphaëlle, enfin, je lui dois plusieurs vies»), où l'on peut lire entre parenthèses : «Ce livre comprend des citations, et parfois des réécritures, de : Louis Aragon, Simone de Beauvoir, Michel Butor, Albert Camus, Louis-Ferdinand Céline, Marguerite Duras, Romain Gary, André Gide, Jean Giono, Julien Gracq, André Malraux, François Mauriac, Robert Merle, Henri Michaux, Roger Nimier, Georges Perec, Marcel Proust, Raymond Queneau, Raymond Radiguet, Charles-Ferdinand Ramuz, Alain Robbe-Grillet, Françoise Sagan, Antoine de Saint-Exupéry, Jean-Paul Sartre, Claude Simon, Marguerite Yourcenar.» Sacrée équipe de nègres. On s'était bien douté de quelque chose, mais on ne s'était aperçu de

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