Souvent, les héros des romans de Christian Oster empruntent la nationale 10. Parfois, ils s'appellent Paul. Et pas que la nationale, ils empruntent des voitures, des maisons, des femmes, des vies, les héros de Christian Oster sont des coucous, ils s'approchent poliment de la vie des autres, ils pensent qu'elle vaut bien la leur (dont, en général, ils ne pensent pas grand-chose, sinon s'en éloigner), elles les rassurent, ces vies des autres, puisque, jusque-là, elles ont tenu, sans qu'ils aient eu à s'en mêler, eux, les héros. Le coucou s'installe dans le nid des autres, la femelle pond ses oeufs dans celui des bruants, des bergeronnettes, des fauvettes. Le coucou est maigre, on le range parmi les cuculiformes, il court vite (en plus, il vole). Le coucou coucoue, du verbe coucouer, qui est si rare qu'on en autorise l'usage, afin qu'il serve un peu à celui qui imite le cri du coucou. On dit également coucouler. Pas souvent. Ainsi Paul.
Reprenons. Souvent les héros de Christian Oster empruntent la nationale 10 (la 20, parfois). Au moins jusqu'à Chartres avant de bifurquer vers Rochefort-sur-mer, Ronce-les-bains, ou bien ils reviennent à Chartres après s'être attardés vers Arcachon ou plus au sud, comme cette fois à Saint-Girons-Plage, ou même les Pyrénées, parfois on connaît la marque de leur automobile, ici non, Paul est en voiture, c'est tout. Ingrid aussi. Charles non. Ingrid et Charles sont femme et mari, mais ils s'évitent, ils occupent un nid mal habité, alors, forcément,




