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Critique

La traversée des différences

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Antisionisme et antisémitisme, universalisme et singularité juive. Les arguments d'Eric Marty dans la «Querelle» qui l'oppose au philosophe Alain Badiou.

Publié le 17/05/2007 à 7h48

Microscopique ou stratosphérique ? En réunissant dans un seul volume plusieurs articles publiés dans les Temps modernes, Eric Marty choisit de donner de la visibilité à un débat déconcertant, où s'affronte depuis plusieurs années, souvent sur un ton de revanche, une poignée de penseurs parisiens ; mais un débat qui ne manque pas d'allure, de profondeur, et donne même un certain sentiment de vertige, puisqu'au final, ce qui s'y joue est la définition de l'universel, en général, et de son articulation avec la spécificité juive, en particulier ­ rien de moins.

Sa cible est Alain Badiou, philosophe maoïste, engagé dans la construction d'un vaste système centré sur la question de «l'être». En 1997, dans Saint Paul, l'inventeur de l'universalisme, Badiou s'était attaché à lire dans la sentence de l'apôtre Paul selon laquelle «il n'y a ni Juif ni Grec» dans la foi en Jésus-Christ, l'anticipation de l'universalisme qui serait au coeur du projet communiste : un monde libéré des origines et des différences. En 2005, il a repris ce thème avec Circonstances 3, portées du mot «Juif». Au nom de l'universalisme de Paul, il dénonce la «sacralisation nominale» du mot «Juif» dans le débat contemporain. Plus précisément, à propos de la situation au Proche-Orient, il appelle à «la création d'une Palestine laïque et démocratique», un pays où, «à l'école de saint Paul», il n'y aurait «ni Arabe, ni Juif», un Etat «à la fois complètement isr

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