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Libération
Critique

Quand le jazz est las

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Déracinements et métissages dans ce sixième roman de l'Anglo-Soudanais Mahjoub, où sombre, en musique, un sous-marin.

Publié le 06/09/2007 à 9h31

Quelque part vers le milieu du roman, alors que son fils a connu un sort tragique et que son mari est devenu à peu près l'opposé de ce qu'il était à 20 ans, Rachel écrit à sa soeur : «Nous pensions que le monde était en train de changer, que nous pouvions le changer [...]. Nous pensions que le monde devenait plus vaste, plus accueillant. Et aujourd'hui, il semble qu'en fait il partait à la dérive dans l'autre sens». Le monde dans lequel vivent les personnages part-il vraiment à la dérive, ou n'est-ce que le sentiment qu'ils ont à ce moment particulier de leur vie ? C'est sans doute le thème central qu'explore le roman de Jamal Mahjoub.

Mahjoub est né à Londres d'une mère anglaise et d'un père soudanais, il a grandi au Soudan, est retourné en Grande-Bretagne étudier la géologie, est reparti vivre au Soudan, avant de revenir en Europe. Il habite aujourd'hui à Barcelone. Ses cinq premiers romans parlaient d'exil et de migration, le sixième aussi, on comprend pourquoi.

Le personnage principal de Latitudes à la dérive est Jade, une Anglaise métisse. Il y a aussi Rachel, une demi-soeur qui fait irruption dans sa vie au moment où tout s'effondre autour d'elle, à commencer par la voûte d'un centre commercial qu'elle a dessiné (elle est architecte à Londres). Un ouvrier clandestin qui dormait sur la chantier est tué dans l'accident. «Elle était devenue architecte parce qu'elle avait rêvé de transformer le monde d'où elle venait [...]. Une arche qui était née dans sa tê

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