Depuis l'étude de Djamila Amrane (les Femmes algériennes dans la guerre, Plon, 1991), les débats sur les combattantes de la guerre de libération ont tourné autour de la difficile comptabilité des moujadjahidate et de leur relation aux armes. Mais ces militantes de l'indépendance sont les arbres qui ont caché la forêt de 4 millions de musulmanes, peu, voire pas, politisées au début des hostilités. C'est à elles, essentiellement, que cette étude est consacrée. D'emblée, l'auteure souligne une évidence, trop longtemps négligée par l'historiographie : leur nombre transforme, subitement, les musulmanes qui, jusqu'en 1954 «ne sont pas considérées comme une force sociale», en un enjeu pour les deux camps. Obtenir leur soutien est plus qu'une stratégie, une obligation qui anime les politiques élaborées et par le gouvernement français et par le FLN. C'est sous cet angle, conseille Sambron, qu'il faut comprendre les mesures relatives aux femmes. Opportunistes, elles conduisent les adversaires à une entreprise de séduction subtilement concurrentielle tant, montre avec précision ce livre, les oppositions identitaires empêchent le jeu classique de surenchère de promesses : si la France fait miroiter aux musulmanes la libéralisation de leur statut et une citoyenneté identique à celle bien récente de toute Française, les forces d'indépendance, contraintes de s'intéresser à la question des femmes mais convaincues de trahir l'identité algérienne en adoptant les principes de
Critique
Foyer des combattantes
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Avant 1960, le gouvernement français et le FLN à la conquête des musulmanes.
ParYannick Ripa
Publié le 20/09/2007 à 9h43
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