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Libération
Critique

El-Aswany en Amérique

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Avec «Chicago», l'auteur de «l'Immeuble Yacoubian» confirme ses talents de portraitiste.

Publié le 04/10/2007 à 0h30

Posé sur une étagère près de la porte, un cadre blanc entoure un dessin d'enfant. Une petite fille sourit à côté d'un monsieur près d'un fauteuil de dentiste. Au dessus, une main encore malhabile a tracé quelques mots: «Merci docteur Alaa.» Le fauteuil en question n'est pas loin, dans un renfoncement, accompagné de son cortège de fraises et autres instruments de torture. Par la fenêtre entrouverte arrive le chant du muezzin qui officie dans la salle de prière plus bas dans la rue. Derrière le bureau, en blouse verte médicale, Alaa el-Aswany tire sur une cigarette. Il revient d'Italie, où il a reçu un prix littéraire, s'apprête à repartir en France en tournée promotionnelle. Entre-temps, son agenda est plein de détartrages, de caries et de journalistes, qui le coursent alors que sort en français son nouveau roman, Chicago, moins d'un an après sa publication en arabe.

Après le succès foudroyant de l'Immeuble Yacoubian, véritable séisme dans le monde arabe et best-seller international, d'autres auraient probablement raccroché leur roulette. Pas lui. Avec des centaines de milliers de livres vendus à travers la planète, Alaa el-Aswany a beau être l'auteur le plus traduit et le plus lu d'Egypte, il continue à se cramponner à son cabinet du centre du Caire et à ses patients qui viennent lui confier leurs maux de dents et d'âme. «C'est ma fenêtre sur le monde», plaide-t-il de sa grosse voix caverneuse, dans ce français quasi-parfait qu'il a appris, enfant,

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