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Libération
Critique

Le temps des Gitans

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Une passion slovaque sous les dictatures, par Colum McCann.

Publié le 04/10/2007 à 0h30

«D'un coude qu'il voudrait nonchalant, il abaisse les clenches aux angles des portières. Il y a un môme assez agile pour sauter sans un bruit, empoigner les deux essuie-glaces et s'étaler sur le capot (...) Le gamin du capot glisse par terre, les patineurs lâchent le pare-chocs, et la rivière est soudain là, boueuse, rapide, inattendue». Un journaliste débarque dans un camp de Roms. C'est le début de Zoli, le dernier roman Colum McCann, qui raconte le destin d'une chanteuse et poétesse tzigane, Zoli Novotna, en même temps que l'histoire des Tziganes slovaques et leur rencontre avec le fascisme, le nazisme, puis le communisme. Il y a aussi l'histoire d'amour entre Zoli et Swann, un jeune Anglais qui sera victime de son romantisme politique et de sa passion pour une femme trop exotique.

Colum McCann, écrivain né à Dublin en 1965 et installé à New York depuis une douzaine d'années, est l'auteur de très beaux romans (le Chant du coyote, Saisons de la nuit, Danseur) qui sont, dit-il, «à mi-chemin de la fiction et de la non-fiction» et dans lesquels on trouve des scènes qui ont la netteté et la force des images de rêves ou de films presque oubliés. Il a dit que ses romans partaient toujours d'une image. Danseur (voir Libération du 28 août 2003) était né de la vision de Noureev dansant sur l'écran d'une télévision allumée au milieu de la nuit irlandaise. Zoli s'est développé à partir d'une photo de la poétesse tzigane polonaise

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