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Libération
Critique

Hazan en guerre civique

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Contre le sarkozysme désormais parvenu, l'essayiste est revenu.

Publié le 11/10/2007 à 0h41

Et d'abord, ce titre, comme une annonce immobilière accrochée en façade : Changement de propriétaire. Considérant que le dernier essai d'Eric Hazan s'ouvre le dimanche 6 mai 2007 dans un bureau de vote pour se clore le 3 août suivant avec l'évocation des suites de l'opaque «libération des infirmières bulgares», le lecteur entend vite que c'est d'une prise de pouvoir qu'il est ici question ­ mainmise sur les esprits et main basse sur l'exécutif. Au jour le jour, il découvrira la chronique du sarkozysme arrivé à travers trois mois de unes ou d'entrefilets qui vont donner à la gouvernance du nouveau «propriétaire» son goût, sinon son style, à nul autre pareil. «Changement de propriétaire», vraiment, quand, d'EADS en ADN, accèdent à l'Elysée des principes économiques et policiers mûris cinq années à Bercy et Beauvau, qui furent sous Sarkozy aussi puissants et plus que Matignon même ? Que non pas, quand le sous-titre proclame que «La guerre civile continue». Et Hazan aussi, qui publiait en 2004 à la Fabrique, maison d'édition qu'il dirige, Chronique de la guerre civile.

Sur la même enclume de l'antique barbarie, il frappe avec le même marteau dont les lecteurs retrouveront le son clair et obstiné, contre tout ce qui, prétendant penser, applique le vieux programme dont la modernité française s'énonce en ces termes : «liquider l'héritage de Mai 68». Et avec lui, les pauvres et tout ce qui s'y apparente, dans l'universalité ­ de Belleville à

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