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Libération
Critique

Les boys George

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Publié le 03/01/2008 à 1h48

Après l’Infortunée, un premier roman sur un orphelin recueilli par un lord excentrique qui l’élève comme une fille, Wesley Stace continue de creuser le thème de la quête d’identité. Les Garçons est une saga familiale, dans le music-hall, de la Seconde Guerre mondiale aux années 70. Avec une égale générosité de plume, l’Anglais «exilé» aux Etats-Unis (connu comme musicien folk sous le nom de John Wesley Harding) ourdit une intrigue polyphonique autour d’un collégien très british et de la marionnette de son grand-père ventriloque. «J’ai lu un jour une critique de Véritable Histoire du gang Kelly, de Peter Carey, dans le New York Times, qui louait son "exploit de ventriloquie littéraire". Je me suis dit qu’écrire un roman, c’était exactement ça, un exercice de ventriloquie : l’auteur prête sa voix mais ne veut pas qu’on sache que c’est lui qui parle, il désire rendre les personnages vivants sans montrer les ficelles qui les animent. La ventriloquie n’est pas tant une question de lèvres closes que d’illusion vocale. Comme la littérature, qui, pour moi, n’est pas tant affaire de jeu verbal (si brillant soit-il) qu’imitation du mouvement de la vie. Le souffle vient à manquer, et, dans les deux cas, c’est du poids mort sous forme de bois ou de papier. Comme l’Infortunée n’était pas qu’une réflexion sur le genre, les Garçons ne constitue pas un commentaire abstrait sur la littérature, encore une fois j’ai voulu des personnages de chair et d’os. Et aussi parler du milieu du spectac

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