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Interview

Mauvaise nouvelle : la démocratie est sortie de son lit»

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Publié le 26/01/2008 à 2h05

Alain Finkielkraut

Né en 1949 à Paris, Alain Finkielkraut est professeur au département humanités et sciences sociales de l'Ecole polytechnique. Il anime aussi l'émission Répliques sur France Culture. Parmi ses oeuvres : le Juif imaginaire (Seuil, 1980) ; l'Avenir d'une négation (Seuil, 1982) ; l'Ingratitude (Gallimard, 1999) ; Nous autres modernes (Ellipses, 2005). On le dit inclassable, il l'admet, le cultive, et prétend simplement essayer de penser le monde sans oeillères ni garde-fou.

Qualifié aussi de «vieux jeu» - Daniel Cohn-Bendit dit de lui qu'il arrive tout droit du XIXe siècle -, il assure n'avoir aucune nostalgie. Signes particuliers : pas de portable ni d'ordinateur.

Vous êtes un intellectuel. Comment vous définiriez-vous ?

Je ne sais pas qui je suis. Je sais que j'ai été un élève consciencieux et moins doué que voué, par l'angoisse, à faire de bonnes études. J'ai été admis en 1969 à l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, j'ai passé trois ans plus tard une agrégation de lettres modernes, j'ai enseigné le français pendant deux ans dans un lycée technique à Beauvais, puis aux Etats-Unis, à l'université de Berkeley. J'ai écrit mes premiers livres avec Pascal Bruckner, puis j'ai essayé d'unir, dans mon écriture et mon enseignement à l'Ecole polytechnique, la passion littéraire et, plus tardive, mais non moins intense, la passion philosophique. Il est dit de moi, depuis la Défaite de la pensée (Gallimard, 1987), que j'ai trahi la gauche et que je suis u

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