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Libération

Massacre au conseil de classe

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Publié le 22/05/2008 à 3h33

Le récit d'Antonio Scurati, Italien né en 1969, romancier et universitaire spécialiste du langage de la violence, démarre sur un massacre. Lors du dernier conseil de classe, un élève abat sept de ses professeurs avant de s'enfuir. Le roman raconte l'été qui suit, l'enquête, les retombées du crime sur la ville, les professeurs, les élèves et les familles. Il raconte surtout le bouleversement existentiel du survivant, le professeur de philosophie épargné par le jeune tueur.

«Ce roman a deux sources : d'un côté notre imaginaire collectif globalisé, un environnement médiatique de plus en plus peuplé de crimes absurdes commis par des adolescents violents, de l'autre ma vision personnelle. A l'époque, j'enseignais dans un lycée italien, un environnement réellement très dégradé, un univers en décomposition, un cosmos tragique, voilà ce qu'est devenue l'école en Italie. Et moi, dans mon délire paranoïde, j'avais peur qu'un de mes élèves nous massacre. Pendant un moment, ça m'est apparu comme la conclusion la plus sensée de cette apocalypse au ralenti qu'est la décomposition du système éducatif public. Plus précisément, je voulais raconter l'histoire d'un effondrement culturel à travers l'événement emblématique et extrême du massacre.

Ce qui se passe sous les yeux d'Andrea Marescalchi, le professeur survivant, est un monde d'après la bombe, un monde dans lequel on respire un air d'extinction. C'est le monde dans lequel vivent quotidiennement les enseignants de tous les niveaux,

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