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Critique

RDA, opération épuration

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Publié le 19/06/2008 à 3h56

Comment réprimer les crimes commis à l'Est par les dictatures communistes ? Cette question s'est posée dès les lendemains de chute du Mur dans l'ensemble des démocraties populaires, mais elle a revêtu une acuité particulière en Allemagne. La RFA avait de longue date dénié toute existence légale à son frère ennemi, et l'imparfaite dénazification opérée après la Seconde Guerre mondiale créait un précédent dont les autorités fédérales entendaient éviter la réédition.

Contours.Ces paramètres pesèrent lourdement pour dessiner les contours d'une épuration tout à la fois massive (plus de 110 000 dossiers furent ouverts et des dizaines de milliers de salariés licenciés) et bénigne (les condamnations pénales se bornèrent à quelques centaines) ce qui suffit à souligner la complexité de l'opération.

Quel droit fallait-il appliquer ? Certains juristes entendaient se référer au droit naturel que le régime est-allemand avait allègrement violé. Mais pouvait-on évoquer les droits de l'homme sans rappeler le précédent détesté de Nuremberg et sans encourir le reproche de condamner des auteurs qui, au fond, n'avaient qu'obéi aux normes d'un pays reconnu par la communauté internationale ? Après quelques tâtonnements, les juges décidèrent d'apprécier les cas en vertu des principes posés par le droit positif est-allemand, qui, dans certaines affaires, avait été violé - les policiers usant, par exemple, de façon inappropriée de leurs armes, les élus recourant à la fraude électorale.

Considérée comme

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