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Libération
Critique

L'enfance d'un bourreau

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Publié le 10/07/2008 à 4h15

Il y a deux lignes de récit dans cette histoire qui se passe au Rwanda. Elles ne sont ni exactement parallèles, ni convergentes, mais peut-être complémentaires. La première est celle d'un assassin qui a massacré des dizaines de personnes dont sans doute sa propre famille. La seconde est celle d'une jeune fille dont les parents et la grande soeur ont été exterminés, elle-même a été miraculeusement épargnée et miraculeusement recueillie. Niko, l'assassin, est un jeune homme innocent, presque pur, et pourtant sanguinaire. La jeune rescapée (elle n'est pas nommée) a tout perdu quand elle était toute petite, elle a ensuite eu la chance de trouver des parents aimants et intelligents qui ont fait d'elle une petite Française, pas moyenne mais douée, heureuse. L'un et l'autre traversent un long moment de survie et d'oubli, jusqu'au jour où chacun se retrouve avec le passé devant soi, bouchant l'horizon.

«Anges».Quelque chose oblige la jeune fille à abandonner, les uns après les autres, les attributs de sa vie privilégiée. D'abord ses études brillantes, devenues insignifiantes, puis ses parents admirables, «mieux qu'une famille, ils étaient des anges. Des sauveteurs». Mais leur générosité lui a enlevé quelque chose d'essentiel, la possibilité «d'être orpheline, de l'être sans circonstances atténuantes, d'en être anéantie ou de renaître». Faute de quoi, elle met toutes ses forces dans un anéantissement a posteriori, détruisant délibérément ses réussites, ses joies,

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