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Libération
Critique

A gauche, les redresseurs de Retort

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Publié le 04/09/2008 à 4h52

Il paraît que Karl Marx, à qui on annonçait ledéclenchementde laCommunedeParis, eut cecriducoeur: «Ne peuvent-ils pas attendre? Je n’ai pas fini d’écrire leCapital.»C’est enl’illustrant de cette histoire que le philosophe slovène Slavoj Zižek exprime souvent sa conviction que, pour la gauche, l’enjeu aujourd’hui estmoins d’attendre une nouvelle révolutionquede s’engagerdansun travail théorique en profondeur, dût-il prendre du temps. Venudel’autreboutdelaplanèteetanimé d’une radicalité politique aumoins aussi grande, Des images et des bombes partage cetteidéequelagauchedoitpenserautant qu’agir. «Les faits sontnécessaires, comme antidotes dans unmonde de demi-vérités;mais les nouveaux concepts, ou ceux, plus anciens, impitoyablement réélaborés à la lumière du présent, le sont aussi.» Le résultat est cemanifeste à la fois cérébral et combatif,minutieux, acharné, dense aupoint d’êtreparfois elliptique –mais, en tout cas, jamais démagogique. «Pitoyables péroraisons». Retort («riposte », enanglais) estuncollectifd’activistes californiens antimondialisation, antiguerre, anti-Bush. «Anticapitalistes» et fiers de l’être: «Quel bonheur lorsque cette identité- là fut réactualisée, et lemot prononcé avec mépris» par lesmédiaspro-Bush.En2005, trois universitaires et un juriste, tous membresdugroupe,ont écrit ce textequi analyse la logique interne de ce qu’ils appellent le «libéralismemilitaire» et s’interrogent sur l’avenir de «la gauche». A commencer par le mot lui-même, discrédité par

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