Le monde a longtemps vécu sur de consolantes certitudes : le Parti communiste était le parti de la classe ouvrière, tous les Français avaient participé à la résistance et la propagande, instrument des régimes totalitaires, modelait à sa guise des foules bien crédules. Découvrant au fil du temps la complexité de leurs objets, les historiens ont remis en cause ces schémas simplificateurs - le collectif consacré au cinéma de propagande en porte témoignage. En rappelant, tout d’abord, que des logiques économiques ont aussi gouverné ce média.
Succès.Les premières bobines d'un genre appelé à une singulière fortune furent ainsi réalisées lors de l'intervention américaine à Cuba, des producteurs avisés soupçonnant que le public, lassé de voir entrer des trains en gare de la Ciotat, serait heureux d'assister au triomphe de l'US Army ou à des drames plus spectaculaires - le naufrage du cuirassé Maine par exemple. Dans la même optique, Leni Riefenstahl, soucieuse d'exporter les bobines consacrées aux Jeux olympiques de Berlin, prit soin de modifier leur contenu en fonction des marchés visés, exaltant ainsi les athlètes américains dans les versions destinées aux Etats-Unis. Et les compagnies chinoises servirent, avant 1949, la propagande de gauche parce que les thèmes que développaient les scénaristes progressistes rencontraient les préoccupations d'un public passionné par les questions sociales, assurant ainsi d'honnêtes succès commerciaux à la propagande politique des mod




