Adam Phillips, l'un des plus importants psychanalystes britanniques, est bien connu du public français : sur les quinze livres qu'il a écrits pendant la décennie 1995-2005 (il est né en 1954), pas moins de six d'entre eux ont été traduits (le premier, Monogamie, en 1995 chez Bayard). Or, il se trouve que la traduction de Soyons fous pour rester sains ! coïncide avec celle de sa biographie intellectuelle de D.W. Winnicott, son premier ouvrage. Précisons qu'outre son job de psychanalyste d'enfants, puis d'adultes, dans le National Health Service, Phillips est aussi Visiting Professor au département de littérature de l'université d'York ; il dirige chez Penguin la nouvelle traduction des œuvres de Freud ; sans négliger le fait qu'il a été capitaine d'une équipe de tétrathlon (dressage équestre, course équestre d'obstacles, course à pied et marathon). Mens sana in corpore sano, on croit comprendre.
«Mères». Commençons par l'ordre chronologique : son Winnicott est une véritable ode savante et poétique (la chronique littéraire dit de Phillips qu'il est un Voltaire for our times), un hommage à ce pédiatre-psychanalyste hors du commun qui en a fasciné plus d'un. Le pédiatre fut d'abord un jeune chirurgien sur un porte-avions en 1917 - guerre qui tua la plupart de ses amis -, puis, psychiatre en 1940, il était consultant au plan gouvernemental d'évacuation. Il a tiré de ces deux guerres des enseignements précieux sur les bébés et les en




