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POUR MÉMOIRE

L’aventure théorique de Julien Coupat

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Philosophie. Le dernier des détenus de Tarnac fut, de 1999 à 2001, un des animateurs de la revue Tiqqun.

Publié le 22/04/2009 à 6h51, mis à jour le 22/04/2009 à 6h51

Emprisonné depuis près de six mois dans le cadre de l'enquête sur les sabotages de TGV, Julien Coupat est aussi un jeune intellectuel qui, de 1999 à 2001, fut l'un des six animateurs d'une aventure aussi brève qu'intense : celle de la revue Tiqqun. Deux numéros seulement sont parus (1) qui, par leur style et leur contenu, annoncent l'Insurrection qui vient, le fameux manifeste «anarcho-autonome» dont la police attribue la rédaction à Julien Coupat. Durant cette brève aventure, Tiqqun avait noué un dialogue étroit avec le philosophe italien Giorgio Agamben. Dimanche soir, c'est ce dernier qui, dans une salle du XVIIIe arrondissement de Paris, est venu présenter Contribution à la guerre en cours (2), reprise de plusieurs articles de Tiqqun.

Filiation. Contribution est un ouvrage de philosophie politique particulièrement difficile, écrit dans une langue sophistiquée et saturée de références. Au départ du raisonnement, il y a la volonté de récuser toutes les philosophies politiques existantes, toutes les «anthropologies positives» qui prétendent dire «ce que c'est, "un homme", ce que "nous" sommes, ce qu'il est permis de vouloir et d'être». Par exemple, la philosophie anglo-saxonne qui réduit l'homme à l'homo œconomicus.Tiqqun aspire au contraire à «une anthropologie radicalement négative», à «quelques abstractions suffisamment vides, suffisamment tra

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