Santiago Amigorena est scénariste et écrivain. En 1998, la publication de son premier roman, Une enfance laconique (P.O.L), marque le début d’un travail qui prévoit au moins une douzaine de titres et racontera la vie d’un personnage appelé Santiago Amigorena, arrivé du Chili à l’âge de 11 ans. Un cinquième livre vient de sortir : 1978.
«J'ai entamé ce travail le 26 août 1990, mais c'est un projet auquel j'ai réfléchi dès le début des années 80. J'avais 20 ans et, ne me voyant pas passer ma vie à sauter d'un roman à un autre, je cherchais un projet littéraire global. J'ai grandi dans la croyance que le roman classique ne suffisait plus à constituer une ambition littéraire, qu'on ne pouvait plus écrire en ignorant les grands projets du début du XXe : Proust, Joyce, Musil, Borges. Depuis, il y a eu un retour général vers le roman classique, mais lorsque je lis des textes, que je peux apprécier, mais qui n'ont pas de différences fondamentales avec le roman du XIXe, je me demande comment on peut perpétuer une forme aussi ancienne. Même si, bien sûr, le "projet global" n'est pas la seule façon de la questionner.
«En 90, l'idée était d'écrire l'ensemble des textes et de les publier ensemble. Je pensais en avoir pour une vingtaine d'années. Mais, au bout de 200 pages, je me suis dit qu'il fallait les publier tout de suite, car sinon je n'arriverais jamais à rédiger les 2 000 suivantes. En fait, j'écris de façon simultanée sur toutes les périodes et parfois




