Paolo Giordano est physicien, le titre de son livre fait référence aux nombres premiers, qui sont une métaphore de la relation entre ses deux personnages principaux, Alice et Mattia. On imagine donc qu’il connaissait tout des propriétés de ces entités mathématiques et que c’est le point de départ son livre. En fait, pas du tout : il était déjà au milieu de son roman quand il est tombé sur la définition des nombres premiers dans Wikipédia. Tout ce qui concerne ce livre est un peu comme ça, à la limite du malentendu.
La Solitude des nombres premiers est arrivé en France avec l'aura ambiguë du best-seller. Un vrai best-seller : il s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires en Italie (25 000 en France pour le moment). Il a aussi eu le prix Strega, le Goncourt transalpin, et quelques autres prix. Devenu une star en Italie, reconnu partout où il passe, Giordano signe des autographes comme lui-même en faisait signer à des rock stars quand il avait 14 ans. Et quand il vient en France, invité par l'Institut culturel italien dont les soirées sont d'habitude assez confidentielles, il fait salle comble et rameute tout ce que la région parisienne compte d'Italiens de moins de 25 ans.
Les livres qui se vendent aussi bien sont rarement de bons livres, même s'il y a des exceptions. La Solitude des nombres premiers en est une : c'est un roman subtil qui réussit à raconter sans pathos une histoire d'adolescents malheureux. On ne dira pas que c'est un roman d'apprentissage, parc




