Victor qui ? Victor Hugo, on vous le répète. Désolé de revenir au bonhomme, mais c'est l'actualité qui nous y oblige. Ce soir commencera à l'université de Chicago une lecture marathon des Misérables, qui s'achèvera lundi à minuit heure locale. «Dans le climat économique actuel, la misère redresse son horrible tête, expliquent les organisateurs. Lire le chef-d'œuvre de Victor Hugo dans cette période de crise offre une excellente occasion de réfléchir aux valeurs de notre société.» Avantage subsidiaire : chaque lecteur versera une contribution, laissée à son appréciation, qui sera confiée à une association promouvant le microcrédit à Haïti, un pays régulièrement secoué par des émeutes de la faim. Un siècle et demi après sa rédaction, le gros bouquin de Hugo continue son travail : «Tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de cette nature pourront ne pas être inutiles», écrivait l'exilé dans la préface.
Les «valeurs de notre société» s'appellent aujourd'hui : Rolex, Fouquet's et Paloma (le yacht de Bolloré). Il faut foutre tout ça en l'air. Hugo, Cosette et Eponine nous y exhortent. D'abord, dresser des barricades. «Le mieux, certes, c'est la solution pacifique. Mais il dépend de la société de se sauver elle-même ; c'est à sa propre bonne volonté que nous faisons appel.» Cette citation et toutes celles qui suivent sont extraites des Misérables.
Ensuite, voir si les gens suivent. «Une insurrect




