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Portrait

Américaine philo

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Avital Ronell. Téléphone, télévision, addiction, bêtise… Avec Avital Ronell, les objets les plus modernes mutent en véritables questions philosophiques.

Publié le 25/05/2009 à 6h52, mis à jour le 25/05/2009 à 6h52

Il paraît que la philosophie connaît un regain d'intérêt. Perceptible est la nostalgie des grands maîtres et des «grands récits». On veut des réponses, TF1 appelle cela la «quête de sens». Mais que sait-on de ceux qui font profession de philosopher, de travailler les concepts, d'étudier les textes, de faire et défaire des hypothèses ? Derrière le vernis des hommages, il se pourrait que l'atavique suspicion perdure. «Même avec des collègues de l'université, raconte Avital Ronell,quand je me mets à parler d'Homère, on me dit : "Tu nous ennuies. Homère, c'est pas cool, pas queer !" C'est tellement décourageant.» Dieu que la philosophie serait jolie sans ces pinailleurs de philosophes.

Avital Ronell, 57 ans, figure majeure de la philosophie américaine, est jusqu'à la fin juin l'invitée d'un cycle de conférences au centre Pompidou. Traduite dans de nombreux pays, amie des plus grands - elle tiendra à la rentrée un séminaire commun avec le néo-marxiste Slavoj Zizek et la féministe Judith Butler lui consacre son prochain livre -, elle a été découverte en France avec Telephone Book, enquête fiévreuse sur la signification philosophique du téléphone, qui commence par le coup de fil que Heidegger reçut en 1933 d'un dignitaire SA, qui marqua le début de son engagement nazi. Le philosophe de «l'appel de la conscience» incapable de résister à un appel téléphonique, voilà le genre de vertige qui attire irrésistiblement Ronell. Inutile de dire que Tele

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