L’archaeopteris, ancêtre de tous les arbres vivants, est apparu il y a 370 millions d’années. L’homme est venu bien plus tard, disons 200 000 ans pour Sapiens mais leurs destins sont liés. Tous deux ont une proximité, une similitude même, si l’on pense que la représentation la plus répandue de la famille est l’arbre généalogique. Cette relation intime nous est ici racontée par Andrée Corvol, historienne et spécialiste des forêts dans les civilisations occidentales.
«Si l'on excepte les vergers coupés tous les dix ans, les taillis tous les vingt ans, les peuplements résineux tous les cinquante ans», l'arbre dure plus longtemps que l'homme, il est plus grand et plus lourd que lui, il peut dépasser 100 mètres, 1 000 ans et 1 000 tonnes alors que, dans l'océan, les plus grosses créatures ne dépassent pas 40 mètres et 100 tonnes et, sur terre, 4 mètres et 10 tonnes. Comparé à lui, «l'éléphant est un nain», pas étonnant que l'arbre ait toujours évoqué l'immortalité et les puissances, célestes ou souterraines. En Grèce, Zeus avait le chêne pour emblème et Dionysos était célébré sous la forme du pin (parfois du figuier ou du platane). Pour les chrétiens, l'arbre de Marie est le pin parasol qui la protège en Egypte, elle guérit grâce aux arbres, tout comme Isis l'Egyptienne. Les textes bibliques, remarque l'historienne, classent les arbres selon une symbolique liée à leur biologie. Les angiospermes (bouleau, noisetier, frêne…) au feuillage saisonnier représentent l




