Sourire californien et brushing Dynasty, chemise bleue assortie à ses yeux, montre de sport au poignet droit, Patricia Cornwell pose en dernière de couverture de Scarpetta. Elle a l'air aussi sympathique que son personnage de fiction, Kay Scarpetta, médecin légiste douée de mansuétude et femme éprise de justice. Sa vie «ne tourne qu'autour des morts : apprendre ce qu'ils ont à offrir, ce qu'ils ont à dire». Objectif avoué, «faire parler le silence», afin que les victimes d'actes barbares reposent en paix. Elle est leur mémoire.
Depuis son apparition dans Post Mortem aux Etats-Unis, en 1990, cette maîtresse de l'autopsie accueille ses lecteurs à la morgue avec grâce et humilité. Mieux : elle réussit à les mettre à l'aise, comme si son lieu de travail ne se réduisait pas à l'enfer imaginé et que, derrière cet art du découpage méticuleux, se dissimulait matière à orchestrer n'importe quelle symphonie. Nouvelle preuve avec l'incipit musical de Scarpetta, sa seizième aventure dans les coulisses du mal : «De la matière cérébrale collait aux manches de la blouse maculée de sang que portait le Dr Kay Scarpetta, évoquant des flocons d'ouate. Les scies Stryker stridulaient, l'eau tambourinait dans les éviers et de la poussière d'os s'élevait en volutes comme une farine très fine. Trois des tables étaient occupées. D'autres cadavres allaient arriver sous peu. C'était mardi, le 1er janvier, jour de la nouvell




