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Libération

Post-situationniste plus qu’ultra-gauche

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Très charpentée, la pensée de Julien Coupat emprunte à Debord, Foucault et Agamben.

Publié le 29/05/2009 à 6h51, mis à jour le 29/05/2009 à 6h51

Autant qu'un fiasco policier, «l'affaire Coupat» constitue l'un des signes les plus tangibles d'une effervescence intellectuelle perceptible en France et en Europe depuis une poignée d'années. Dans la nébuleuse multiple et parfois contradictoire de la «pensée radicale», Julien Coupat incarne, en schématisant à l'extrême, la variante «post-situationniste». Deux séries de textes issus de cette mouvance témoignent d'analyses extrêmement charpentées : l'Insurrection qui vient, dont Coupat nie être l'auteur sans en rejeter la proximité intellectuelle, et les textes publiés par le groupe Tiqqun, qu'il coanima de 1999 à 2001 (1).

«Dépendances». Trois influences s'y croisent. Tout d'abord, celle de Guy Debord, l'auteur de la Société du spectacle. Coupat en fit le sujet de son DEA à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), un travail suffisamment novateur pour que les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello s'y réfèrent dans le Nouvel esprit du capitalisme. Pour Boltanski, dont Coupat a suivi avec assiduité le séminaire, «Julien est un philosophe extrêmement cultivé et extrêmement talentueux.» On trouve des échos de Debord et son style chantourné dans l'Insurrection : «La quête de soi, mon blog, mon appart, les dernières conneries à la mode, les histoires de couple, de cul… ce qu'il en faut de prothèses pour faire tenir un Moi ! Si "la société" n'était pas devenue cette abstraction dé

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