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Libération

Confessions du bois

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Publié le 02/07/2009 à 6h54, mis à jour le 02/07/2009 à 6h54

La maison Fayard vous informe (ou ne va pas tarder à le faire, ou s'apprête sans doute à l'envisager) qu'elle remboursera intégralement ceux des acheteurs des Confessions d'un banquier pourri qui s'estimeraient lésés. En effet, ce livre signé «Crésus» a été présenté par l'éditeur comme l'œuvre d'un «ancien dirigeant d'une grande banque française, qui a choisi l'anonymat pour des raisons évidentes» ; or il s'avère que le livre a été rédigé non par un banquier mais par une journaliste, Claire Germouty, laquelle l'a confessé la semaine dernière dans les colonnes du Parisien.

Dédommager les lecteurs est pour Fayard une décision extrêmement courageuse, car le livre a déjà été vendu à plus de 40 000 exemplaires. Ce qui, au prix unitaire de 17,90 euros, pourrait amener l'éditeur à rendre plus de 700 000 euros. Il est vrai que Claire Germouty ne lui laisse guère le choix, cette femme ayant eu ce bel élan de franchise dans l'interview paru le 21 juin dans le quotidien : «J'ai effectué un vrai travail d'enquête. Il n'était pas question que je prenne ses informations [celles du banquier anonyme, qui est l'une des sources de l'ouvrage, ndlr] pour argent comptant, que je me fasse manipuler.» Difficile après ça de prétendre que le banquier anonyme est l'auteur, ou presque l'auteur, et que Germouty n'aurait été que son nègre. La décision de l'éditeur n'est pas seulement courageuse, elle reflète son souci de l'éthique, constant depuis la création

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