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Libération
Critique

Pirates de tous bords

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Revue. De la flibuste d’hier et d’aujourd’hui aux hors-la-loi du Net… La revue «Esprit» explore «un monde devenu liquide».

Publié le 02/07/2009 à 6h54, mis à jour le 02/07/2009 à 6h54

Un cargo rouillé qui grince dans le roulis, au large des eaux territoriales de l'Angleterre. Dans ses entrailles, un studio émet du rock déterritorialisé. Good morning England, histoire d'une radio-pirate à la fin des années 60, est sorti en mai sur les écrans, peu avant l'élection du premier eurodéputé «pirate» en Suède. Un peu plus tôt, c'est le long des côtes somaliennes que la figure du pirate a trouvé une nouvelle incarnation très concrète. Si les hors-la-loi du grand large fascinent à ce point, c'est, écrit le juriste Antoine Garapon, parce qu'ils incarnent «une nouvelle manière d'être dans un monde devenu liquide».

Double. Pour son numéro de juillet, la revue Esprit met les pieds dans l'eau. Sous le titre De la piraterie aux piratages, le dossier rassemble une dizaine d'articles, où il est question de l'influence des puritains sur la flibuste, de la piraterie dans les récits de Daniel Defoe, du piratage numérique, des paradis offshore, du terrorisme hors sol. A l'ère de la navigation virtuelle, le forban est notre double, notre envers, notre frère. «Autant brigand que justicier, individualiste que communiste, exclu que refondateur, terroriste que résistant, écrit encore Garapon. Et pour cause : car ce qui le définit d'abord, c'est la mer, cette étendue infinie, sans forme, qui se referme aussitôt sur toute trace, cet univers de risque et de prise.»

Au commencement, donc, était la mer, ou, pl

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