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Libération
Critique

Sous influences d'Arnaud Esquerre

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Publié le 11/08/2009 à 6h52, mis à jour le 11/08/2009 à 6h52

Les sectes font partie des épouvantails du monde moderneet, rien qu'à ce titre, il est salubre que le discours dont elles sont l'objet soit l'objet d'une analyse serrée. Arnaud Esquerre observe ce qu'il est dit des sectes depuis l'abbé Grégoire, qui, en 1810, publia une Histoire des sectes religieuses, jusqu'au halo de frayeur qui entoure depuis plusieurs décennies les Enfants de Dieu, les Raëliens ou la secte Moon. La secte, c'est l'autre et «l'accusation d'en être une n'est jamais un acte anodin». Aux Etats-Unis, la secte est le symbole de la liberté de conscience : à chacun son Dieu. En France, elle est l'objet, depuis les années 70, d'une surveillance voire une répression d'Etat. Derrière le souci de protéger les individus, Esquerre détecte un véritable «psychopouvoir», c'est-à-dire la volonté de l'Etat d'encadrer la vie intérieure de ses sujets, quitte à recycler à son profit le thème de la manipulation mentale, introduit dans l'espace public par les contestataires post-68 justement pour critiquer la propagande d'Etat… Vers la fin de l'ouvrage, l'auteur énumère les conditions que devrait remplir, pour ne pas être vue comme une secte, une communauté aspirant à proposer un nouveau mode de vie. Il cite la possibilité d'y entrer et d'en sortir, d'avoir des activités en dehors, l'absence de chefs, la discussion théorique permanente, etc. «Mais cela n'empêchera jamais l'Etat, ou toute autre institution qui

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