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Libération

Sodome et Garamond

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Publié le 17/09/2009 à 0h00

Grâce à notre partenaire Google Books, nous avons pu procéder à une analyse approfondie de la rentrée littéraire française. En voici les grandes tendances, après numérisation et traitement des 659 nouveaux romans de l’automne.

Sexe : Google relève 32 scènes de fellation, dont 4 n'aboutissent pas. C'est moins que l'an dernier (48), mais bien plus qu'en 1988, année où l'on y enregistra un creux de seulement 19 «pipes», pour parler comme Jean d'Ormesson. Stabilité côté sodomie. Sinon aucune position nouvelle, y compris chez Amélie Nothomb.

Suicides : 41 tentatives couronnées de succès, 11 ratées et 3 dont l'issue reste incertaine (le logiciel Google Autokill est en version «béta»). Un auteur évoque un suicide d'un coup de fusil dans la nuque : c'est réclamer beaucoup de souplesse à ses personnages !

Alphabet : la lettre «e» apparaît 64,5 millions de fois, en net repli sur la rentrée 2008 (72,8 millions). Le plus bas historique date de 1970 : les occurrences romanesques du «e» étaient tombées à moins de 59 millions, sans doute sous l'influence de Georges Perec qui avait publié la Disparition quelques mois auparavant. Il est vrai aussi qu'on éditait moins de livres à l'époque. Fait singulier : les rentrées à faible taux de «e» sont en général suivies d'hivers doux.

Polices de caractères : trop de Times, pas assez de Garamond.

Télécommunications : pour la première fois dans l'histoire du roman

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