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Libération
Critique

Shoah messager de la conscience

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Publié le 26/09/2009 à 0h00

C'est un jeune résistant polonais, Jan Karski, qui s'est trouvé, seul, chargé du message le plus lourd de l'Histoire. Courrier entre la résistance polonaise et le gouvernement polonais en exil, il a reçu, un jour de 1942, la visite de deux dirigeants juifs du ghetto de Varsovie. Désespérés. Ces derniers lui ont demandé d'aller parler «à la conscience du monde» pour éviter l'extermination finale des juifs d'Europe.

Karski, comme le reste du monde, ignore ce qui se passe chaque jour dans les ghettos et les camps de concentration en Pologne, et, comme le reste du monde, il ne peut pas le croire. Alors les deux hommes l’emmènent «voir». Ils le font entrer par un tunnel dans le ghetto de Varsovie où même les vivants sont déjà morts.

Les deux chefs de la résistance juive chargent Karski de demander au gouvernement polonais en exil de fournir des armes au ghetto parce que «les jeunes veulent mourir les armes à la main», et de dire au gouvernement anglais, au gouvernement américain qu'ils vont gagner la guerre mais que les Juifs n'y survivront pas. Karski réussit à rejoindre Londres, puis à rencontrer le président Roosevelt à Washington et… la «conscience du monde» restera insensible au sort des Juifs massacrés par les Allemands.

Le romancier Yannick Haenel reprend dans les premiers chapitres le témoignage extraordinaire de Karski dans le film Shoah de Claude Lanzmann, son propre récit, Mon témoignage dans le monde et, surtout, ose écrire un dernier

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