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Libération

Ben mon cochon !

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Publié le 01/10/2009 à 0h00

Maintenant que l'émotion est retombée, que le vieil homme priapique a été ramené à sa maison de retraite auvergnate, que le trou dans le grillage a été réparé, nous pouvons révéler le terrible secret de la Princesse et le Président. Chacun sait que le livre de Giscard s'ouvre sur une épigraphe énigmatique, «Promesse tenue», et se referme sur une phrase qui ne l'est pas moins : «Vous m'avez demandé l'autorisation d'écrire votre récit, me dit-elle. Je vous la donne ! Mais faites-moi une promesse…» Eh bien cette promesse faite à la princesse, nous a confié Bernard Fixot, éditeur et gendre de l'Ex, c'était d'enlever de l'ouvrage un passage érotique dont le lecteur aurait dû se repaître à la page 163. Il s'agissait d'une scène torride, troussée dans une langue éblouissante, qui avait pour cadre le salon des aides de camp, à l'Elysée. Giscard y décrivait «la croupe dorée de la Princesse sur laquelle jouaient innocemment les derniers feux du couchant, comme des enfants oublieux des menaces de l'orage qui approche». Puis le récit devenait vif et haletant. Le président, pantalon sur les chevilles, courait vers la princesse allongée nue sur une bergère et, se prenant les pieds dans un tapis des Gobelins figurant un majestueux arbre de Jessé, s'étalait de tout son long sur la jeune femme. Le livre donnait alors à entendre des propos d'une extraordinaire crudité : «Ah, prends-moi, vieux cochon, prends-moi fort, jappait la princesse, tandis que le

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