Des anciens élèves d'un lycée du New Jersey se sont retrouvés, il y a quelques jours, pour une petite fête de promo dont le clou était un «Philip Roth Bus Tour» à travers la ville de Newark. Soit une balade commentée sur les lieux où le «plus grand écrivain américain vivant» a grandi et qui sont le cadre de plusieurs de ses romans. Sur votre gauche, messieurs dames, voici le Washington Park que Roth décrit dans Goodbye, Colombus. Sur votre droite, voilà la Weequahic High School évoquée dans Portnoy et son complexe.Or devinez qui s'est invité dans le bus au dernier moment ? Oui, Philip Roth en personne. Imaginez la scène : Hitchcock faisant visiter les décors de Psychose, Freud époussetant son divan en public, Landru commentant ses crimes devant les sépultures de ses victimes. Un journal local, le Newark Star-Ledger, a fait un compte rendu très déférent de ce tour de train fantôme (1). L'article oublie hélas de préciser si c'est Roth lui-même qui a pris le micro pour les commentaires, ou si la tâche a été confiée à un exégète local.
Décidément, l'auteur d'Exit le fantôme n'en finit plus de faire ses adieux au music-hall. Nous gratifiera-t-il de mille coquetteries avant de quitter la scène ? Quand l'autocar est passé devant la maison de son enfance, sur laquelle une plaque a été dûment apposée, Philip Roth a déclaré : «Newark est mon Stockholm et cette plaque est mon prix.» Car l'écrivain de 76 ans a du mal à se rem




