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Critique

Cahier spécial images. Du «Beau pour tous» aux cartes postales de mauvais goût, notre sélection

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Publié le 10/12/2009 à 0h00

«Le beau pour tous.» Pour mesurer l'impact historique de ce slogan, il n'est pas nécessaire d'avoir vécu l'arrivée d'un Prisunic dans une modeste préfecture, mais ça aide. L'action se situe au début des années 60, et l'ouverture en centre-ville d'un nouveau magasin qui «vend de tout» crée une double sensation. Non seulement on peut toucher ce qu'on achète (le libre-service est né), mais ce qu'on touche a l'apparence du jamais vu : conditionnements colorés, logos novateurs, typographie inédite, bref un style, moderne, tout entier résumé par le fameux sac maison, une cible orange sur fond jaune qui deviendra le sigle vedette des magasins Prisunic, cité aussi bien dans la littérature savante (Barthes) qu'au cinéma (de Jean Seberg dans A bout de souffle à Catherine Deneuve dans les Demoiselles de Rochefort). Cette révolution Prisu et son succès (dix millions de clients en 1965) ont un nom : Denise Fayolle, directrice du style et de la promotion. Du sol au plafond, Fayolle voit tout, bouscule les tabous, veille à tous les grains, quitte à s'obstiner, sa tocade, dans la promotion de bermudas invendables.

Désinvolte. Pendant ce temps-là, une autre femme avait chahuté la presse féminine de l'après-guerre : Maïmé Arnodin, une ex-centralienne propulsée rédac chef du magazine Jardin des modes par son patron, Lucien Vogel, qui avait créé en 1928 le légendaire Vu, premier hebdomadaire d'information tout en images. A la une du <

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