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Critique

Slavoj Zižek, la méthode du pas de côté communiste

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Affaire Madoff, boom chinois... le philosophe slovène désaxe le regard sur le capitalisme et en dévoile le noyau fétichiste

Publié le 21/01/2010 à 0h00

Philosophe slovène et néocommuniste, Slavoj Zižek est réputé pour les blagues dont il truffe ses conférences et ses livres. Ce sont toujours un peu les mêmes qui reviennent en circuit, l'idée générale étant chaque fois d'illustrer la réversibilité du monde - le fait qu'une chose puisse devenir son contraire sans dommage. Dans Après la tragédie, la farce !, il reprend donc son anecdote-fétiche (mot qui, lui-même, on le verra, n'est pas anodin chez lui) dans laquelle, à un visiteur qui s'étonnait qu'il ait accroché un fer à cheval sur la porte de sa maison de campagne, un physicien célèbre répondait que, bien sûr, il ne croyait pas aux superstitions, mais que : «Je me suis laissé dire que ça marchait même quand on n'y croyait pas.»Il en va de même de sa conception du communisme : personne n'y croit plus, mais est-ce que, pour autant, ça ne pourrait pas finir par marcher ?

Zižek est lacanien de formation et son directeur de thèse était Jacques-Alain Miller. Pour lui, croire est la clé de voûte de l'esprit humain, la pulsion primordiale qui arrime les désirs aux mots, leur donne forme et force. Le cynique, lui, ne croit à rien et se trompe, à l'instar de Kissinger qui, à l'été 1991, se dit prêt à toper avec les auteurs du putsch anti-Gorbatchev, sans deviner qu'en trois jours, leur coup d'Etat échouera lamentablement. «Au moment où les régimes socialistes étaient déjà plus morts que vifs, lui, Kissinger, comptait sur un pacte à long terme avec eux. […] Les c

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