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Libération
Critique

Florence Aubenas en femme invisible

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La journaliste, employée pendant six mois dans une entreprise de nettoyage, a vécu la précarité au quotidien

Publié le 18/02/2010 à 0h00

C'est un long reportage. Une œuvre journalistique. Une histoire vraie, nullement romancée, qui ne manque pourtant pas de romanesque. C'est une somme d'aventures vécues avec des hommes et des femmes (essentiellement des femmes) qui forme une aventure. Celle dans laquelle Florence Aubenas s'est lancée en février 2009. Elle y a mis un terme en juillet de la même année, quand elle a fini par décrocher un CDI : «Je ne voulais pas bloquer un emploi réel.» Six mois pour comprendre, de l'intérieur, ce que le mot «crise» signifie. Pour ceux qui en paient le prix le plus lourd : les travailleurs précaires. Ceux qui passent par la case «Pôle Emploi» qui désigne désormais l'ex-ANPE, où les chômeurs doivent remplir deux conditions pour ne pas chuter SDF : être disponibles à toute heure du jour et de la nuit, dimanche et jours fériés, et dire qu'ils sont prêts à accepter n'importe quel boulot.

Connivence. L'aventure de Florence Aubenas n'est pas unique : d'autres journalistes avant elle se sont mis dans la peau de leur «personnage», sont passés de l'autre côté du miroir pour tenter d'y voir plus clair, de saisir des situations que les reporters décrivent tous les jours mais avec la distance qu'impose le métier. Une distance que Florence Aubenas a transformée en connivence salutaire. Son livre raconte la vie des «agents d'entretien», traduisez «femmes de ménage», le secteur où elle a fini par trouver des emplois. «Les femmes veulent toutes faire du nettoyage, m

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