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Critique

Impairs et père

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Un récit autobiographique de Geneviève Brisac

Publié le 11/03/2010 à 0h00

C'est une femme qui écrit, une mère, et pourtant, tout au long du livre, la voix qu'on entend est enfantine, non pas puérile, en vérité adolescente. Geneviève Brisac a perdu sa mère, tuée dans un accident de voiture. Son père était au volant, il a miraculeusement survécu, atrocement blessé. Broyé aussi d'avoir à porter la responsabilité de la mort de sa femme. Dans Une année avec mon père, il est très peu question de ce cruel événement, même s'il est là à chaque ligne. «Cet accident épouvantable qui peut arriver à chacun de nous à chaque moment, il vaut mieux ne pas en parler», écrit Geneviève Brisac, alors qu'à l'évidence, le fardeau est immense. Pour son père bien sûr, pour elle aussi qui s'échine à vouloir l'endosser pour lui.

Une année avec mon père est le récit minutieusement douloureux d'une «aventure» à deux : une fille et son père vont quatorze mois durant apprendre à se connaître. Jour après jour, une fille et son père vont réussir à transformer la rigidité familiale jusque-là de mise, en une relation filiale timidement chaleureuse. «Dans notre famille, raconte Geneviève Brisac, on ne parle pas beaucoup. Toujours peur de faire une gaffe (et le fait est, indiscutable, que nous en faisons beaucoup), toujours peur de dire quelque chose qu'il ne faudrait pas (et l'on ne peut nier que la plupart d'entre nous commettent un grand nombre d'impairs, et passent leur vie les pieds dans le plat.»

Sortie. Jour

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