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José Saramago, figure de style

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Disparition. Prix Nobel de littérature en 1998, l’écrivain portugais engagé est mort à 87 ans.

José Saramago lors de la présentation de son livre "Caïn", le 2 novembre 2009. (© AFP Pierre-Philippe Marcou)
Publié le 19/06/2010 à 0h00

José Saramago faisait partie de ces écrivains qui trouvent un jour leur style et ne s’en détachent plus. Le sien consiste à ne plus séparer les styles direct et indirect, à abandonner les guillemets, à développer dans de longues phrases à la fois les explications du narrateur et les dialogues de ses personnages, mêlés en une voix unique, proliférante, raisonneuse, mélancolique, souvent ironique.

De l'Année de la mort de Ricardo Reis, hommage à Pessoa dans un Lisbonne bruineux, jusqu'à son dernier livre, le Voyage de l'éléphant, il est resté fidèle à son écriture, et si son nom est associé à ses prises de positions politiques radicales et souvent polémiques, c'est bien cette écriture qui leur aura donné de la force, et non l'inverse.

«Limogé». Prix Nobel de littérature en 1998, l'écrivain portugais José Saramago est mort vendredi à 87 ans, sur l'île espagnole de Lanzarote, aux Canaries, où il vivait depuis près de vingt ans. Son phrasé si singulier lui était venu sur le tard, à la fin des années 70. Il avait publié un premier roman en 1947, passé inaperçu. Fils de policier, il n'a pas fait d'études ; il devient dessinateur industriel, employé d'assurance, travaille dans une maison d'édition, publie un recueil de poèmes. Inscrit au parti communiste à partir de 1969, il est nommé à la tête du quotidien Diario de Noticias à la chute du régime de Salazar, en 1974, et en est débarqué un an plus tard. «Etre limogé fut la chance de ma vi

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