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Libération
Une ville, un polar

Panteuil, faux bourg, vraies bavures

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[Ripoux]. La commissaire Le Muir, créée par Dominique Manotti, applique à la lettre la politique sécuritaire dans une ville imaginaire de la banlieue parisienne. Toute ressemblance avec la réalité n’est pas fortuite.

Publié le 21/08/2010 à 0h00

La commissaire Le Muir, dite «la Muraille», n'aurait pas du tout aimé ça. Certes, près de l'autoroute A 86, le superpériphérique qui ceinture Paris, le camp de Roms a bien été démantelé. Des tôles entourent les broussailles de l'ancien terrain proche de la porte de la Révolte. Mais il reste encore des caravanes ici et là. Une femme, bébé dans les bras, fichu doré sur sa chevelure noire, fait la manche auprès des automobilistes qui attendent au feu rouge pour tourner à gauche vers le carrefour Pleyel. Des marchands ambulants proposent des grillades, un camion vend de la cuisine créole au mépris des arrêtés municipaux, le tout dans une épaisse fumée. Leurs plats nourriront les femmes de ménage et les videurs de boîte de nuit congolais qui vont «s'ambiancer» après le travail dans les gandas, bars clandestins des entrepôts de la Plaine Saint-Denis et d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Mais ce qu'aimerait encore moins la commissaire, c'est l'affiche 4 par 4 au-dessus d'un des panneaux qui indiquent le centre-ville : «Bon ramadan ! Faites vos courses au meilleur prix.» Le GPS de Pasquini, son chauffeur, l'homme de confiance muté en région parisienne après avoir été mis en cause dans l'incendie de foyers d'immigrés dans le sud de la France, n'arrêterait pas de recalculer l'itinéraire. L'accès au centre-ville par le canal est bouché à cause de travaux. Il faut passer par la gare, et là, c'est pire encore… Une pagaille d'immeubles en briques rouges à l'abandon. Le 

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