Tania James est une «fille du Kentucky». Elle dit cela en riant, avant d'ajouter que, «bien sûr, l'Inde est toujours là, quelque part. Il y a la nourriture, les vêtements, la culture».«Ce que je pense, c'est qu'on peut être de plusieurs endroits à la fois et les partager. Je suis née à Chicago, j'ai grandi à Louisville [la plus grande ville du Kentucky, ndlr], passé plusieurs années à New York. Mais mes parents sont venus d'Inde, et je suis aussi indienne. C'est ce mélange-là qui m'intéresse.»
Le premier roman de Tania James, l'Atlas des inconnus (Stock), est à mi-chemin entre deux univers. Comme si l'auteure, invitée à Vincennes (lire page suivante), n'avait pas voulu choisir entre un pays ou un autre. L'histoire commence dans le Kerala, un Etat du sud de l'Inde, dans le village de Kumarakom. Melvin Vallara est un veuf désabusé, un peu perdu depuis la mort de sa femme, et qui élève comme il peut ses deux filles. Anju, brillante à l'école, décroche une bourse pour étudier à New York. Mais elle gagne son voyage grâce à un mensonge, en faisant passer pour siens les dessins de son aînée, Linno.
Le livre fait des constants allers-retours entre les deux sœurs. En Inde, Linno, qui a perdu sa main droite dans un accident avec des «cierges de feux d'artifice», finit par dépasser son amertume. Le périple en Amérique d'Anju, au contraire, va mal se terminer, faisant remonter à la surface des secrets familiaux enfouis.
Shoshone.




